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![]() Bonne lecture les gars !!! CHAPITRE 1 LES PIERRES DE FEU -
Bien le bonjour, Maître Polral ! J'ai reçu votre message, dit
Pierhic chaleureusement. Il porta ses mains jointes à son front et s’inclina
légèrement, dans le geste de respect envers les Maîtres reconnus. -
Bonjour à toi jeune Pierhic ! répondit Polral, amusé par le
cérémonial. Il avait ce titre en tant
que possesseur d'un pouvoir primordial, utile à toute la communauté,
contrairement à beaucoup d'autres dons parfois sans importance ou sans attrait
pour le groupe. Il se tenait au pied de sa hutte de forme semi-circulaire, faite de branches souples recouvertes de grandes feuilles étanches, qu’il venait juste d’achever. Le Maître de feu était déjà d’un âge avancé, mais il disparaissait quand son sourire illuminait son visage. Il était petit et très trapu, la peau mate et une crinière fort aplatie d’un beau marron sur le crâne, signe caractéristique des chercheurs de feu. Il avait des bras vigoureux, de grosses mains caleuses et une face burinée d'une grande vivacité. Il creusait la terre avec ses mains à des profondeurs parfois surprenantes à la recherche des brulots, une roche étonnante, appelée pierre de feu à cause de son grand pouvoir. Polral était un des plus grands découvreurs de ces fameuses gemmes, unique source d’énergie et de lumière des Touffes-moussues. - Alors, des commandes Maître Polral ? demanda Pierhic souriant. - Oui, des
grosses pierres de préférence, de façon à pouvoir les séparer et les incruster dans les piliers de
l’auberge du centre bourg. Ils ont beaucoup de visite le soir comme tu le sais. Après avoir pris le temps de respirer profondément,
Polral poursuivit : -
J'ai déplacé mon camp pour plus de commodité. Je sens des brulots aux
alentours, lâcha-t-il d’un ton un peu désinvolte, en regardant autour de lui. -
Vous pouvez vraiment les sentir ? réagit Pierhic abasourdi,
la bouche ouverte. Il n'avait jamais imaginé une telle possibilité. -
Oui, enfin c’est une façon de parler, avec le temps la mousse de mes
bras réagit au contact lointain des pierres. Il suffit d’être concentré. Il
haussa ses sourcils épais et appuya son propos d'un regard complice vers son
visiteur. -
De toute façon, j'aime voyager et planter ma hutte à l’écart des
autres. J’ai besoin de cette tranquillité à mon âge ! ajouta-t-il
avant d'éclater d'un rire franc. Puis d'une main robuste sur l’épaule de son
visiteur, il l’invita à pénétrer dans sa hutte. -
J’aimerais que tu me détournes une source, s’il y en a une. J'ai fureté
aux alentours, je n’ai rien trouvé… précisa-t-il d'un air déçu. -
J'espère pouvoir vous satisfaire. Essayons à l’intérieur pour
commencer, c’est toujours plus pratique, répondit Pierhic d'un air malin un peu inquiet. Le vieux Maître et Pierhic
pénétrèrent dans l'abri provisoire. A l’intérieur, ils pouvaient presque se
tenir debout. Au centre, cinq ou six pierres de feu réunies en cercle formaient
l’âtre de la demeure. Au-dessus, un trou permettait à la fumée de s’échapper.
D’un geste habituel, Polral attrapa une fine branche de bois blanc appelée
Branchtac. Il en frotta avec vivacité les pierres et produit des étincelles.
Elles enflammèrent aussitôt le petit bois prévu à cet effet. Pierhic s'assit
par terre, les mains sur les genoux, les jambes croisées et pliées devant lui.
Après s’être concentré un bon moment, il tendit une main au-dessus du sol et la
promena en cercle. Jusqu'à ce qu'il demande d'une petite voix absorbée par
l'effort : -
Maître, apportez-moi votre aide… Aussitôt, le chercheur de
brulots se plaça derrière lui. Il lui posa les mains sur les épaules, et
dispensa de l’énergie. -
Là ! Oui ! voilà… lâcha Pierhic doucement. Il sortit du sac qu’il avait
amené avec lui une baguette de bois pointue et une petite pierre blanche
servant de bouchon. Pierhic creusa alors avec sa main une petite cuvette dans
la terre. Il planta au milieu la tige de bois, et fit un trou assez profond.
Puis il placa de nouveau sa main au-dessus du trou et attendit. Ses lèvres
remuèrent dans une prière inaudible. Du temps passa, indifférent aux attentes
des Touffeux ! Derrière lui, Maître Polral les mains toujours tendues
observait, attentif et immobile. Soudain, après un gargouillis significatif, un
mince filet d’eau fusa du trou amenant le sourire sur leurs visages. -
Formidable, tu es doué mon garçon ! lança Polral amical, tu feras de grandes choses,
j'imagine… -
Merci, vous êtes gentil ! Je n'y
serai pas arrivé sans votre aide, répondit Pierhic, lucide. Il ajouta dans un souffle d'un air rêveur : -
J’arrive pourtant de mieux en mieux à l’appeler... -
…Maître, il y a quelque chose d’étrange, annonça Pierhic, les doigts en
contact avec l'eau remplissant sa cuvette. -
Quoi donc ? demanda Polral distraitement. Après avoir touché la petite
flaque qui s'était déjà formée, Pierhic placa le bouchon dans le trou et
expliqua : -
L’eau n’est pas froide, elle est presque tiède. C’est curieux vous ne
trouvez pas ? dit-il intrigué. -
Allons donc ! Tu auras fait venir une source chaude, voilà tout… -
Oui, peut-être. Pourtant, j’ai comme un mauvais pressentiment et il
faut faire attention à ces choses-là, prévient Pierhic en se levant. Le Maître le regarda et dit : -
Ne t’inquiète pas jeune Maître, je ferai attention… Dans l'espoir qu'il vous porte bonheur autant qu'à moi... Croyons au pouvoir des fleurs ! |